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La visite du président !

Un café chaleureux avec Pascal, et nous  voilà prêt pour commencer gentiment notre ‘remontée’. Dans le cas présent, nous allons contourner la Gambie et commençons par environ 200 kms pour rejoindre Kolda capitale des Peuls, peuple  maintenant sédentarisé. Un au revoir à Pascal en se promettant de se revoir en France et… le sauvage refuse de démarrer ! la batterie est hs ! Peut-être avons nous laissé la lumière du coffre que j’ai éteinte ce matin mais après que Dedette soit passée ? Trente six heures ou quelques minutes, ce n’est pas la même chose…

Rester en attendant la bonne batterie qui viendrait de Dakar prendra mini trois jours. On décide de partir, elle devrait prendre un peu de jus en roulant (???). Avec les employés de Pascal, on pousse le sauvage qui s’ébroue sans problème. Un petit quart d’heure en ville avant la pause plein doit être suffisant pour redonner un peu de pep’s à la vieille batterie.

En repartant de la station, elle ne veut rien savoir. La décision est prise , on rentre chez Pascal et on commande la bonne référence à Dakar. A ce moment là, un employé de la station, s’adresse à nous

 

– Bonjour vous allez bien, vous avez une jolie moto !

- Bonjour jeune homme, non on ne va pas très bien, on est en panne de batterie.

- Peut-être en avons nous ici !

- J’en serais bien surpris, je vais la démonter et tu auras les références.

 

La batterie en main, nous voilà dans le bureau pour nous entendre dire

– Nous n’en vendons pas ici, mais à vingt mètres de là, un petit commerce en vend.

Dans mon for intérieur, je me dis qu’avec tous les deux roues de petites cylindrées, l’ampérage sera insuffisant mais qui n’essaie rien… On traverse la route et, on y est ! Le jeune monte dans un escabeau et ressort… la batterie aux bonnes références, qui plus est, fabriquée au Japon ! Celle-ci coûte Trente € soit trois fois moins qu’en France.

Incroyable, improbable, voilà la bonne nouvelle du matin, on arrêtera d’avoir des doutes sur la batterie d’origine. On repart tout guilleret malgré la chaleur déjà bien pesante, il est encore prévu quarante degrés aujourd’hui.

Sur la route, nous croisons un convoi officiel tous feux allumés ; certainement un ministre ou quelqu’un d’importance...

 

Le bitume du jour est parfait entrecoupé par des ralentisseurs bien Africains. En rater un à soixante km/h risquerait sans aucun doute de casser quelque chose ! Au bord de la route, des panneaux indiquent : voie financée par le peuple Américain.

Pas sûr que tous les citoyens du pays de l’oncle Sam apprécient qu’une partie de leur impôts va sur le sol de l’Afrique pendant qu’une prothèse dentaire est inaccessible pour une grande partie d’entre eux !

Ne soyons pas dupes, ces financements n’ont rien d’humanitaire et des intérêts économiques en sont la raison principale.

Les Chinois, les Russes font de même. Le plus grand continent du monde est exploité par les grandes puissances de ce monde sans distribution à la grande partie des autochtones...

L’arrêt pique-nique se fait à l’ombre d’une forêt de Casamance. Il fait très chaud et on sue sans discontinuer. Pendant le repas, deux jeunes hommes s’arrêtent pour échanger avec nous. Ils désirent immigrer en Europe de l’Ouest pour s’installer là-bas et y gagner leur vie. D’après leurs dires, peu ou pas de travail dans les villages, et pas de possibilité d’avoir le visa pour l’immigration. Cerise sur le gâteau, leur moyen d’information est aujourd’hui internet qui fait, entre autre, l’étalage de la richesse de l’Europe.

Expliquer que la situation n’est pas la même pour tout le monde en Europe,  ne peut nier le fait que leur horizon n’est pas très enthousiasmant !

En repartant, nous nous rendons compte que nous ne voyons jamais personne au bord de la route ‘pique-niquer’. Pas dans les traditions ou considérer comme potentiellement dangereux ? La question reste posée !

Lors d’un arrêt pour prendre quelques photos, je me retrouve suivi par plusieurs enfants curieux, un peu collants, mais à leur place, je ferais sûrement la même chose...

Arrivés sur Kolda, nous devons trouver un hôtel. Nous apprenons que le président Sénégalais est dans la région (d’où le convoi diplomatique de ce matin) et que les hôtels ont été pris d’assaut. Il reste une chambre dans l’un d’entre eux, elle fera forcément l’affaire.! Trois fois que nous nous  trouvons en voyage pendant des évènements liés aux présidents :

 L’enterrement de Nelson Mandela à Cap Town en Afrique du Sud, la réunion des présidents Africains à Addis-Abeba en Ethiopie, la venue du président sénégalais, ce n’est pas possible, ils nous suivent :-)))

 

En soirée, nous sortons de l’hôtel pour aller chercher un restaurant. La quartier qui touche à notre coucher est incroyable de grouillements, de commerces, de mini garages noirs du sol au plafond, de deux roues en quantité, de conversation à haute voix, de femmes magnifiques dans leurs vêtements colorées, d’Afrique !!! Pendant la demi-heure  nous espérons une table pour dîner, nous n’avons pas croisé un seul blanc ! Pas possible de sortir portable et autres caméscopes même si l’endroit auraient pu fournir des dizaines de clichés... Les bêtes curieuses ici , c’est nous !!!

Des endroits comme ceux-là ne seront jamais proposés par les agences de tourisme. Nous finissons par revenir manger un plat chaud au restaurant de l’hôtel !

 

La sauce des crevettes est un poil relevé, comme si je n’avais assez dégouliner aujourd’hui !!!

02 Mars 2023

Petite journée :-)

Hier soir, le gardien m’avait demandé de déplacer le side afin qu’il soit plus en vue face à l’hôtel. Je préférais largement à l’endroit ou il avait mis au départ : dans le fond du parking proche d’un petit terrain vague rempli de déchets ou de jeunes sénégalais venait uriner ou sniffer je ne sais quoi !!!

Ce matin en arrivant dans le hall pour le wifi, le sauvage a été déplacé pile en face de l’entrée,  de travers ! 

- Ne vous inquiétez pas Monsieur, la voiture qui était derrière vous s’en allait, c’est la raison pour laquelle il a été bougé. Nous allons le remettre

– Je vais le faire, merci !

Dans quasi la totalité des cas, le side-car attire la sympathie, la curiosité, favorise le contact, donne le sourire. C’est un atout inestimable dans les grands périples. Ce n’est pas la raison pour laquelle on voyage de la sorte, mais ne faisons pas la fine bouche, on prend sans retenue les avantages du trois roues ! Déjà dit en d’autres occasions :

Le side-car est un engin de bande dessinée, il plaît à tout le monde mais personne n’en veut !!!

Après le plein du début de journée, le sauvage se fait tirer l’oreille pour démarrer. Dès qu’il est très chaud, c’est difficile ou il faut patienter quelques minutes :-(  La charge à 13,6volts est bonne, la batterie neuve, à priori juste une histoire de température globale de fonctionnement. A solutionner sur les terres Françaises…

220 Kms au programme pour rejoindre Tambacounda. La route et belle, traverse de nombreux villages très Africains avec les cases traditionnelles. Dans cette partie du Sénégal, pas de tourisme, la grande partie des touristes étant concentrée sur la partie Ouest du pays.

Lors d’un arrêt police assez rare, le jeune policier n’est pas un comique. Pendant le contrôle des papiers, un de ses collègues sort d’un carnet à souche un papier jaune qu’il apporte à son collègue. De mon coté, ignorant l’arrivée de ce document, j’explique un peu notre circuit, le policier pose quelques questions sur la monture, un sourire vient éclairer son visage puis range le petit papier dans sa poche et nous souhaite :  Bon voyage !

La nature a déjà bien changé depuis notre départ de Ziguinchor, la sécheresse est plus palpable, les arbres moins feuillus et plus clairsemés. Pas possible de faire un pique-nique en forêt de Casamance comme hier. Pendant le déjeuner, un homme en vélo transportant un sac de charbon de bois échange quelques mots avec nous. Il nous demande un peu d’argent expliquant son dénuement, nous lui donnons 500 Cfa, (à peine un €). Peut-être ne faudrait-il ne rien donner mais une chose est sûre, cet euro sera forcément utilisé de manière utile par cet homme proche de la cinquantaine sur un vélo hors d’âge pédalant par quarante degrés à l’ombre…

Tambacounda, notre ville étape est la plus grande ville du Sénégal Oriental avec ses 115000 habitants.

La population du Sénégal avec un âge médian de 18 ans est passée de trois millions à 16 Millions en soixante ans.

Une progression du même ordre pour la France mettrait la population Française à 245millions !!! De nombreux pays Africains voit leur population augmenter de manière exponentielle. L’Afrique devrait dans l’avenir être le continent le plus peuplé du monde.

Vers quinze heures, nous avons trouvé à l’Oasis oriental club une chambre confortable ou la clim va être appréciée à sa juste valeur. En sortant pour aller déplacer le sauvage, je peux à peine toucher les commandes de freins ou d’embrayage…

Une fin de journée à la cool nous fait le plus grand bien...

Il est sept heures, je finis ce résumé avec un bon Brassens  dans les oreilles, incontournable dans notre belle culture Française :-))

03 Mars 2023

Premier PV !!!

280 kms pour rejoindre Kaolack ville Mandingue, port fluvial et l’une des plus grandes cités du Sénégal. Les Malinqués, appelés aussi Mandingues sont la principale ethnie de cette agglomération. Ceux-ci sont un peuple de l’Afrique de l’Ouest présents au Mali, en Gambie en Guinée, Guinée Bissau et au Sénégal.

Le bitume de la Nationale un est parfait et pour notre plus grand plaisir,  peu équipé en ralentisseurs. En revanche, un PV de 6000 CFA pour un excès de vitesse nous apprendra que sur cette belle route, les policiers avec leurs BMW de grosse cylindrée des années 2000 peuvent être bien présents ! 54 au lieu de  50 pour neuf Euro, en France, cela aurait été 90 Euro !!!

De nombreux sacs de charbon de bois longent la route en attendant d’être chargé par un transporteur. Vous les verrez sur la première vidéo..

En réfléchissant, sûrement la raison des feux rencontrés hier et la cause des nombreux endroits de nature noircis… Le besoin d’énergie et d’écologie ne font pas toujours bon ménage !

Sur l’une des photos, vous verrez un camion au châssis de travers, image classique de véhicules professionnels au bout du rouleau. En Afrique, les changements de roues crevées ou éclatées de ces trucks se font… au bord de la route !

Nous nous arrêtons dans un endroit ou l’on découvre de magnifiques baobabs. Ces arbres peuvent atteindre deux mille ans ! N’ayant pas de strie comme les arbres classiques, la seule manière de connaître leur âge se fait au carbone 14.

On frise encore aujourd’hui les quarante degrés, et on sue sous le casque. En traversant les nombreux villages bordant la route, on ne peut qu’être impressionnés par la grande pauvreté que transpire les campagnes. Daniel et Ginou un beau frère et une belle sœur œuvrant dans l’humanitaire à Madagascar depuis de nombreuses années avaient invité en France un Malgache. La réflexion de cet homme en voyant notre pays en dit long sur nos différences :

- C’est ça que vous appelez la crise en France...

Nous arrivons en milieu d’après-midi à « l’auberge de l’étape » perdue dans une zone mi industrielle, mi déserte. Le Sauvage va passer la nuit devant l’établissement, à priori gardé ???

En fin de journée, nous partons à pied pour un dernier retrait. En chemin, nous rencontrons Abdulay qui s’invite sans notre avis à notre promenade ! Comme sur Ziguinchor, nous lui indiquons que notre recherche est juste un distributeur et que notre gps va nous guider…

- Pas de souci, Monsieur Dame, passez dont plutôt par là, c’est plus court !

 Nous voilà près d’un autre distributeur effectivement plus proche, et Abdulay reste … avec nous.

- Si tu veux nous rendre un service, emmène-nous dans un bar ou l’on pourra prendre une bonne Gazelle (bière légère de Sénégal). Nous voilà attablés tous les trois., nous lui offrons son Fanta. L’homme a compris que nous partons d’ici demain et qu’il ne nous vendra pas de « prestations ».

 

La conversation devient un échange assez sympa, et nous finissons par lui demander un restaurant typique Africain.

Effectivement c’est Africain !

Nous sommes vendredi, il y a une fête organisée en soirée. Les hauts parleurs proches du restaurant hurlent une musique répétitive sans charme (…) et dans la  rustique salle à manger, on a quasi du mal à parler. De grandes marmites sont préparées avec,  entre autre, de la chèvre ou du poulet. Nous choisissons le quadrupède. Un poivron jaune accompagne le plat et je commence par en prendre une belle bouchée.

En guise de poivron, je viens de me taper un bon morceau de piment !!! Pas particulièrement aguerrie aux aliments de ce style, je mets un petit moment avant de retrouver mes esprits… Une fois le feu éteint, j’apprécie une excellente préparation ou la viande de chèvre apporte belle touche d’exotisme ! 

 

Pour rentrer, l’auberge étant pour le moins excentrée, Abdulay nous accompagne en taxi après nous avoir offert une Gazelle pour la déguster à la chambre ! Il nous incite fortement à revenir au Sénégal pour nous faire découvrir son pays à sa manière et avec son ‘réseau’. Qui sait, peut-être nous reviendrons mais il reste tant à faire que nous n’aurons malheureusement pas le temps de…. refaire. De toutes les manières, la vie terrestre (…) sera toujours trop courte !

Demain, nous devrions passer notre dernière journée et nuit au Sénégal.

04 Mars 2023

Touba !!!

Un petit trois cents kms sont prévus pour rejoindre notre hébergement proche de Saint louis. Promenade de santé dans nos pays occidentaux, distance respectable en Afrique...

Une erreur de navigation vient s’inviter à la fête en nous rallongeant de cinquante kms d’autoroute nous dirigeant vers Touba, deuxième ville du Sénégal avec ses un million cinq cent mille habitants ! Nous trouvons la traversée interminable et encore une fois sommes subjugués par ce pullulement de population. Ce théâtre de la vie à ciel ouvert donnerait par moment la sensation d’avoir remonter le temps. Mis à part quelques privilégiés propriétaires de grosses berlines, la pauvreté, les conditions de vie pour le moins rustiques, ajoutées à la chaleur omniprésente forment un cocktail à mille lieux de la situation matérielle des occidentaux.

Une photo ne sera toujours qu’une pale copie de la réalité.

Ayant déjà traversé l’Afrique du sud au nord par le coté Est, on n’a pas le souvenir d’avoir eu de telles sensations ; notre mémoire nous fait-elle défaut, avons nous vieilli de dix ans depuis, ou les images sont-elles réellement plus frappantes ?

Une belle note au milieu de ce mélange improbable, les vêtements des femmes sont joyeux, coloriés, exotiques !

Pour la conduite, dix centimètres de marge sont largement suffisants Entre les nombreuses charrettes, les piétons, les vélos, les taxis, les transports en commun, les ronds points aménagés par des pneus empilés, on passe bien souvent en forçant un peu, à l’Africaine.

Les taxis dans le pays sont majoritairement des Peugeot 505 break, des Renault 21, on y voit encore quelques 504, le tout  dans des états divers et variés !!!

Nous passons à coté de la Grande mosquée de Touba, la plus imposante du pays et l’une des plus grandes d’Afrique. Le bon sens aurait voulu que l’on s’y arrête mais après plus d’une heure à avancer à quelques kms heure, notre seul objectif était de sortir de cette agglomération obstruée et parcourir les 180 kms restants (dont un peu de piste)...

Lors d’une pause dans une cafétéria de station, j’avalerai sans forcer un litre d’eau !

Encore plusieurs cadavres de chevaux ou de bovins au bord de la route , certains en état de décomposition avancée. A défaut d’être nettoyés par les humains, la nature fait le travail ! Depuis quelques temps, j’ai observé la traversée de la route par les chèvres ! Dans la grande majorité des cas, celles-ci ne s’aventurent pas au hasard, accélèrent le pas au bon moment quand le véhicule arrive, voir font demi-tour si c’est trop juste. Je dirais en sécurité, avec intelligence !!! Comme en de nombreux pays Africains, les déchets plastiques aux alentours des villages Sénégalais sont quasi systématiques. La suppression mondiale de cet emballage toxique sera pour la planère une belle avancée, on peut rêver !

Après plus de huit heures de selle, nous somme heureux de nous poser dans l’auberge ou nous avions passé la soirée avec Satya, c’était le 16 Février ! Cette journée plutôt bien remplie, nous  fait décider une pause demain  contrairement à nos prévisions. Nous  ne prendrons la route pour la Mauritanie que le 06 Mars.

05 Mars 2023

Pas de départ à neuf heures ce matin, l’objectif de la pointe de Saint Louis à seize kms de l’hébergement est plutôt cool aujourd’hui.

En regardant la carte, on est surpris par cette langue de terre moitié Mauritanienne et moitié Sénégalaise formant l’embouchure du fleuve Sénégal.

Le port est protégé par cette digue naturelle et la zone d’activité y est dense et étendue. Ici comme à Ziguinchor, on retrouve les pirogues traditionnelles au confort inexistant.

Nous sommes dimanche et on circule avec, ce n’est pas coutume, facilité dans les villages jouxtant la zone du port. Vers la moitié de la bande de terre, la piste du village nous emmène au parking de l’hôtel Oasis. Après une pause café ou nous sommes deux clients au bar (…), nous laissons le sauvage et continuons à pied. On insiste peut-être un peu trop sur les déchets mais ici encore, il y en a partout le long de la piste !

Il y a encore plusieurs hôtels de luxe qui manifestement sont loin d’afficher complet. Plusieurs maisons d’importance sont non terminées avec un arrêt de chantier qui date… On aurait bien aimé connaître l’histoire de ses futures belles résidences devenues villas fantômes.

 

La plage Hydrobase coté Ouest est magnifique, assez propre et déserte !

De retour à l’Oasis ou est restée la moto, nous sommes interpelés par deux jeunes filles nous demandant un crayon. Tout ça pendant que vingt six personnes se partagent la fortune de la moitié de la population mondiale la plus pauvre… L’égalité entre les êtres humains est certainement une utopie mais les proportions deviennent d’une indécence criante…

Nous restons déjeuner à l'Oasis, ou en dehors de notre présence, une autre table est prise par un Européen et  un jeune sénégalais. Deux femmes se font bronzer au bord de la piscine. L'établissement est spacieux  et la superficie conséquente , on se pose la question de la rentabilité de tels endroits !

 

En rentrant, on fait un dernier retrait dans ce pays ou les images nous aurons marqués, appris, surpris, enrichis ! En repartant, nous devrons attendre cinq bonnes minutes avant que le Sauvage ne reparte. Dire que l’on s’y habitue serait exagéré…

Demain, la Mauritanie nous tend à nouveau les bras !

06 Mars 2023

Notre expérience à Rosso pour le passage Mauritanie Sénégal nous a fait choisir sans remord Diama pour le retour.

En lisant après l’évènement la réputation de Rosso, on comprend pourquoi nous nous sommes fait arnaqués comme nous vous l’avons raconté.

Tout est organisé là-bas pour une corruption maximum et à moins de refuser tout contact avec les soi-disant facilitateurs, ce que nous aurions du faire, il est facile de tomber dans leur piège.

Diama de ce coté là est une frontière classique. Deux petites heures pour les passeports, l’assurance de la moto, et le passavant du Sauvage. Deux éléments tout de même :

- En entrant en Mauritanie, nous avions demandé un visa double entrée afin d’éviter de repayer 110€ (2 fois 55,00) au retour. On nous avait répondu, pas de problème. Le pas de problème s’est transformé en :

– Monsieur Dame, votre ancien visa est à entrée unique, il vous faut en régler un autre. !

A l’aller, on aurait tout simplement du insister en imposant qu’il soit indiqué deux entrées. L’expérience éclaire le chemin parcouru !

 

- Pour le carnet de passage en douane, contrairement à ce qui est vendu par l’automobile club Français, il n’est pas accepté en Mauritanie et n’empêche pas la mise en place d’un passavant pour une dizaine d’euro. Pour résumer, pas simple, mais rien à voir avec l’expérience de Rosso...

Un inconvénient tout de même à prendre par Diama est l’obligation de passer par une piste de soixante kms. Pas de camion sur celle-ci et une circulation assez faible nous évitera de manger trop de poussière.

Cette voie passant par un parc naturel, nous devrons à l’entrée de celui-ci ‘négocier’ le non paiement de l'accès en expliquant que nous ne sommes pas là pour ça. En restant sur la piste, nous verrons quelques phacochères, mais surtout des troupeaux de bovins et quelques dromadaires ; pas de quoi s’extasier !

Les températures du jour sont chaudes comme celles des journées passées...Nouakchott la capitale est passée de 5800 personnes en 1961 à …. 1 500 000 en 2023 !!! La population de la Mauritanie est de 4 800 000 personnes dont, en conséquence près d’un tiers dans la capitale. Avant d’arriver à l’auberge, nous réussissons à nous ensabler dans une rue de la ville, d’où la vidéo !!! On vous laisse imaginer l'état de certains voies...

A l’hébergement, on retrouve le guide Bih, avec qui on achète une prestation de trois jours dans le désert Mauritanien. C’est la première fois de notre existence que l’on souscrit à ce type de service. Nous décollons avec le 4X4 demain vers 8h pour rentrer jeudi.

Qui vivra verra !

Les nouvelles sur collection-d-horizons seront probablement reportées mais comme d’hab, on vous racontera ;-))

07 Mars 2023

Oasis de Terjit

Le départ se fait comme prévu à huit heures. La sortie de Nouakchott sera un peu plus longue, non en raison des embouteillages mais pour plusieurs arrêts de planification :

L’achat de bières sans alcool pour les soirées (nous sommes en Mauritanie!),

un passage dans le quartier des ambassades ou nous trouvons sans problème un commerce pour faire des photocopies de nos passeports (à donner aux nombreux contrôles de police),

un passage à la gendarmerie pour obtenir un ordre de mission pour Naji notre chauffeur, et Bih notre guide,

 enfin remplir le réservoir du Pick up Toyota...

La circulation se raréfie à mesure que nous nous éloignons de la capitale direction Nord Est. Les kms défilent assez vite sur cette longue ligne droite correctement bitumée avec une vitesse de croisière frisant les cent vingt km/h !

Il est peine midi que nous arrêtons pour déjeuner dans un restaurant 100 % traditionnel. Les tables et les chaises sont aux abonnés absentes, remplacées par des gros cousins et banquettes au sol ou l’on peut s’asseoir ou s’étendre !

Nous dégustons ce midi un mouton cuit à la braise, mouton que nous avons vu passer tué, vidé mais non découpé, dans les mains du restaurateur quelques minutes plus tôt !

Lavage des mains dans un récipient métal avant de déjeuner, mangeons à même le plat sans couvert, puis nous nous lavons à nouveau après restauration. En tout et pour tout, un litre et demi d’eau auront servi aux quatre convives. Pas d’assiette, de couvert sale, elle est pas belle la vie !!!

Un petit tour au toilettes, me permettra de prendre photo et vidéo du restaurateur en plein travail sur une chèvre qui manifestement a perdu la vie, il y a peu ; ce, à un mètre de la porte des wc…

 

Avec l’éloignement de la capitale, les contrôles de polices deviennent moins fréquents. D’après les dires de notre guide, cela est organisé pour notre sécurité. C’est en partie vrai, mais les Mauritaniens sont arrêtés de la même manière...

Avant d’arriver à Terjit, nous prenons dans la benne du pick up, trois routards : un Pakistanais grand voyageur, pêcheur en Alaska, un Français descendu à vélo entre Tanger Med et Nouakchott (!), et son amie en panne de devises, que de diversité…

Avec ou sans son propre véhicule, on y trouve des avantages et des inconvénients dans les deux choix. Le piéton n’a pas la contrainte des problématiques mécaniques, permet dans les transports en commun une immersion bien réelle dans les populations, mais n’est pas autonome en déplacement. Le motorisé doit gérer la mécanique s’il y a lieu, planifier le transport de son véhicule en container si besoin, mais garde une belle liberté de circuler… Le side-car comme je le rappelle fréquemment permet quand à lui un contact privilégié avec les autochtones :-))

Nous arrivons sur Terjit, village de deux cent âmes,  par une courte piste tantôt sablonneuse, tantôt cassante. Le campement est typique, il y règle un calme absolu. Cette bourgade a élu domicile dans un célèbre oasis, curiosité incontournable de ce pays méconnu.

Les montagnes environnantes sont superbes, et fonction de l’heure, les éclairages changeants incitent à de nombreuses photos !

Une bonne soupe de légumes, un coucous de dromadaire, et des dattes finiront cette belle journée au beau milieu de cet oasis dans ce grand pays désertique.

Le coucher se fait dans une tente Mauritanienne, tapis sur le sable, matelas de tissu sans drap ni couverture, bien loin de nos critères occidentaux !

08 Mars 2023

Magnifique !

Pas de goudron pour cette nouvelle journée. Après deux petites heures de pistes, nous traversons un village aux cases rondes faites de végétation séchée. La ‘rue principale’ est à peine assez large pour le pick-up !

Nous arrivons ensuite sur l’oasis Emeri ou le mélange dunes de sable, rocailles, eau limpide, palmiers forment un décor remarquable.

 

Lors d’une pause dans la montagne, on nous offre le thé traditionnel en trois fois avec une procédure ancestral de préparation.

Sans en expliquer tous les gestes, le thé est transvasé de nombreuses fois d’un verre à l’autre avec une augmentation du goût entre la première et la troisième prise, le tout alimenté par deux théières chauffées par la braise. En matière de durée, c’est juste l’inverse d’un expresso. Autre monde, autre culture !

 

Ensuite, nous prenons la direction de Fort Saganne devenu célèbre suite au tournage du film du même nom en 1984. Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Sophie Marceau, Philippe Noiret en étaient les têtes d’affiche. Ce film est une adaptation du roman de 1980 Fort Saganne de Louis Gardel.

Le cadre est somptueux et nous passons un bon moment sur place. Sur les mêmes lieux, ont été découvertes, des peintures préhistoriques, dans une grotte à flanc de montagne. L’homme gardien de ces lieux a un beau visage marqué par le temps et le soleil…

 

En après-midi, l’auberge Zarga dans la célèbre ville de Chinguetti sera notre lieu de villégiature. Abdou, Mauritanien de 37 ans est d’une belle convivialité et nous accueille avec une grande gentillesse. L’hébergement est rustique mais comme le fait savoir Abdou avec humour :

- On ne vient pas en Mauritanie pour le confort !

 

Depuis notre départ de Nouakchott, les touristes rencontrés en chemin se comptent quasiment sur les doigts des deux mains…

Vers 16h, nous allons visiter une bibliothèque familiale Al Ahmed Mahmoud. A l’entrée,  une belle devise comme on les aime :

 

Le savoir est une fortune qui n’appauvrit pas celui qui en offre !

 

On s’attendait à une bibliothèque traditionnelle, ce n’est pas vraiment le cas !!! Des écrits très anciens on été conservés depuis plusieurs générations par cette famille, mais les livres sont tous rangés dans des cartons, mis à part quelques exemplaires visibles et présentés aux visiteurs. Lors de cet échange, nous apprenons une coutume difficilement compréhensible avec notre histoire.

Chez les nomades, à partir de 8 ou 9 ans, les jeunes filles sont gavés au lait de chamelle plusieurs litres par jour,  vous avez bien lu, afin qu’elle deviennent obèses et… désirables ! Elles sont ensuite mariés assez jeunes sans que le prétendant ne connaisse l’âge de la promise.

Après cet épisode particulier, nous irons voir la mosquée de Chinguetti de l’extérieur car réservée aux Musulmans. Sa construction date de 1378. Des 12 mosquées qui ont existé jadis, c'est la seule qui a résisté aux ensablements. Construite au centre de la ville, elle sert de carrefour où une multitude de ruelles s'y articulent. Durant des siècles, la ville de Chinguetti fut un important centre de commerce reliant l'Afrique du Nord et l'Afrique noire. Au fil du temps, elle est devenue un haut lieu du savoir où les philosophes, poètes, docteurs, juristes, mathématiciens en quête de connaissance convergeaient.

C'est également un lieu de pèlerinage de prestige, à tel point qu'elle est devenue la septième ville sainte de l'Islam. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1996.

La fin de la journée est consacrée à une belle balade en dromadaire pour aller contempler le coucher du soleil dans le désert. Après le mouvement particulier (…) du lever du dromadaire, nous passons un excellent moment de quiétude emmenés par le chamelier et Bih. Arrivés au sommet d’une belle dune offrant de beaux panoramas sur le désert, quatre commerçants ambulants sont là… juste pour nous ! On ne pourra pas faire plaisir à tout le monde :-((

Le chamelier prépare le feu pour le traditionnel thé Mauritanien, ce qui dure un temps certain comme indiqué un peu plus haut

Les occidentaux courent après le temps, nous, nous passons le temps ! me dira l’un des nomades présents sur les lieux ..

Un peu dubitatifs sur le récit de l’homme à la bibliothèque concernant les jeunes filles gavées au lait de chamelle, Abdou le gérant de l’auberge nous raconte en soirée son mariage effectué de la sorte ! Depuis plusieurs années, il organise une tournée avec des artistes afin de dénoncer cette pratique pour le moins bizarre.

La nature humaine est bien complexe et le bon sens n’est pas le même pour tout à chacun…

C’est avec un feu éphémère de brindilles  sous un ciel pur accompagné d'un beau clair de lune que nous finirons cette journée riche de découvertes et d’images exotiques.

 

Demain, nous quitterons cette région ou la densité de population est très faible pour aller retrouver la circulation et la fourmillement de la capitale

09 Mars 2023

Notre court séjour avec Bih notre guide et Naji notre chauffeur nous oblige aujourd’hui à une longue étape de plus de cinq cents kms pour rentrer sur Nouakchott. Une pause un peu avant Atar nous permet de marcher deux à trois kms et prendre le temps de profiter d’une belle route de montagne avec une vue dégagée sur la plaine de cette agglomération.

Comme toujours dans ces régions, la circulation y est très faible.  Une quinzaine de kms après Atar, nous sommes refoulés par un poste de police, Bih a omis de renouveler l’ordre de mission pour sortir de cette région. Tout rentre dans l’ordre avec le précieux document ! Pas toujours simple… Au sujet des procédures administratives, nos permis de conduire internationaux demandés le 27 Octobre viennent d’arriver dans la boîte aux lettres soit quatre mois et demi après la demande ! Attendre quelques jours début Février, aurait juste été inutile

Le désert a mille visages : fait de rocailles, de sable blanc, de sable plus foncé, de zone un peu plus verte et fourni en petits végétaux, on est surpris par cette diversité !

Vers 17h, nous arrivons à Nouakchott, et allons visiter le marché aux dromadaires ou nous entrons avec le pick-up ! Film et photos sont autorisés et nous verrons même une mise bas en cours.  En apparence, pas d’organisation précise, mais on ne doute pas que chacun y retrouve ses animaux... On nous parle de prix jusqu’à mille trois cents € pour un jeune dromadaire adulte. L’accès à tous les endroits est libre, et nous déambulons sans contrainte dans ce marché inconnu à nous les occidentaux. Nous sortirons même avec le pick-up avec une belle haie d’honneur de dromadaires !!!

Le marché aux poissons donnant directement sur la plage de Nouakchott clôturera ces trois jours sortant de l’ordinaire et nous ayant permis de toucher du doigt ce pays à l’intérieur des terres.

Merci à Naji qui maîtrise tous les types de terrain avec son excellente conduite. Nous garderons le souvenir d’une personne sympathique, discrète, respectueuse.

Bih de son coté a tenu ses engagements et le plan annoncé au départ à été respecté en totalité malgré une fin de journée un peu tardive .

On lui avait dit que le marché aux poissons n’était pas un impératif, il a tenu à ne pas le rater malgré la nuit tombante à l’arrivée à l’auberge. Connaissant très bien son pays, il nous propose avec enthousiasme des séjours plus longs pour nous et nos amis afin de découvrir la Mauritanie dans sa globalité. Qui vivra verra !

En tous cas très heureux d’avoir fait le choix de faire d'une belle parenthèse qui nous a permis d’un peu mieux appréhender ce vaste territoire grand comme deux fois la France.

Quasi six cents kms aujourd’hui et un peu de temps à passer (…) pour mettre à jour collection d’horizons, le sauvage va prolonger la pause d’une journée !

10 Mars 2023

Petit détail oublié hier soir, Bih nous a offert le repas à l’auberge. On n’a pas du être des clients trop désagréables ! Il aurait très envie que nous revenions seuls ou accompagnés. Pas de doute que nous allons laisser derrière nous des beautés non visitées mais la vie n’attend pas et le mieux que rien n’est déjà pas si mal :-)

Vous avez remarqué comme les journées dites de repos passent à la vitesse de l’éclair. Entre le temps certain passé à résumer l’histoire et faire un tri (insuffisant!) des photos et vidéos, le moment du repas avec Bih et les gérants de l’auberge qui nous offrent le déjeuner , on est vite arrivé en milieu d’après-midi.

Les Mauritaniens aiment à échanger sur leur pays, nous parlent d’une perte réelle en transactions commerciales depuis le départ du Paris Dakar. Leur désir est de développer le tourisme dans leur pays jusqu’alors peu courus par les voyageurs.

Être né quelque part, la France est depuis quarante ans le premier pays touristique du monde !

 

En soirée, Bih nous offre une nouvelle fois le dîner, l’avenir nous apprendra si nos destins se croiseront à nouveau.

Demain, le Sauvage va reprendre du service !!!

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