tour du monde

11ème MOIS DU VOYAGE - 5 et 6 février 2014 


Mercredi 5 février – Frontière Ethiopie / Soudan

Arrivée au Soudan.

Nous sortons de Gander avec un peu de difficulté, le gps n’ayant pas la bonne carte et nous dirigeant vers des impasses dans des quartiers extrêmement pauvres. A ce sujet, beaucoup de mendiants dans le pays et nous avons souvent vu les Ethiopiens donner la pièce.

Les 200 km qui nous séparent de la frontière nous font passer de 2 000 m à environ 600 m d’altitude. Les derniers paysages de montagnes sont superbes ; nous en profitons. A la frontière, pas de souci, tout est assez rapide, que ce soit du coté éthiopien ou soudanais. Un « facilitateur » nous propose du change. N’ayant pas de livre soudanaise, nous acceptons. Nous nous retrouvons dans des baraquements tout proches de la douane. Vingt pour cent d’écart entre les cours proposés hier à Gander, cela valait le coup d’attendre. A l’entrée au Soudan, les douaniers demandent à se faire prendre en photo avec l’Envol. Ayant lu sur le net qu’il fallait être très prudent avec les prises de vue, nous avions rangé l’appareil photo, je me servirai de la caméra. Il y a souvent un monde entre ce qui ce dit, se lit et la réalité…

Ayant baissé fortement d’altitude, la température s’en ressent et il fait très chaud au Soudan malgré l’hiver. Les paysages sont semi-désertiques avec au bord de la route de très beaux arbres à épines aux teintes rouges ou blanches. Contrairement à l’Ethiopie, nous voyons quelques tracteurs.














La première étape est à Al Qadarif. Pour chercher notre hôtel, la tâche n’est pas facile, tout est écrit en langue arabe. A dire vrai, ce n’est pas celle que l’on maîtrise le mieux !!! Alors on finit par demander à quelqu’un ; assez facile vu le nombre de personnes qui vous adressent la parole… Quelques minutes plus tard, nous sommes devant un hôtel modeste avec parking sur le trottoir. Echange sur le tarif, visite de la chambre, c’est ok nous prenons.

Dedette dehors comme à son habitude gère les questions avec une bonne quinzaine de passants arrêtés près de l’Envol. A ma sortie de l’hôtel, un homme se dirige tout de suite vers moi :

-« Bonjour, vous êtes Français ?

-Bonjour, oui.

-Vous ne vous entendez pas avec les Anglais ?

-Nos querelles passées sont bien loin Monsieur.

-Quelle est votre religion ?

-Catholique.

-Vous ne voulez pas vous convertir à l’islam ?

-Non, ce n’est pas dans mes projets… »

Sur cette conversation, le réceptionniste de l’hôtel visiblement très mécontent de l’échange que l’on m’impose demande au groupe de s’écarter afin que je puisse garer l’Envol à l’emplacement prévu. Entrés dans l’établissement, celui-ci s’excuse pour les sujets abordés.

-Ne vous inquiétez pas, Monsieur, je ne suis nullement troublé.

En sortant dîner, nous marchons quelques centaines de mètres sur une avenue. Dedette avec ses cheveux blonds ne passe pas vraiment inaperçue. La quasi-totalité des femmes portent le foulard. Au restaurant, l’accueil est très chaleureux et nous y mangeons un demi-poulet grillé excellent avec une sauce à utiliser avec modération…

Sur le chemin du retour, un homme fait une réflexion avec le sourire à Dedette sur ses cheveux découverts. L’ami présent à ses cotés n’apprécie pas et nous fait signe de ne pas tenir compte des remarques à notre sujet. De retour à l’hébergement, nous demandons si les femmes en visite ici doivent porter le foulard.

-« Bien sûr que non Monsieur dame, seulement pour les islamistes. »

Ici comme ailleurs, les discussions sur les sujets sensibles, doivent faire débat…


Jeudi 6 février – Khartoum, Soudan

N’ayant pas de petit déjeuner à l’hôtel, nous demandons à l’employé présent ce matin où nous pouvons prendre un thé ou un café. Sans attendre, il nous accompagne dans la rue et nous dirige dans un endroit déjà très animé. Nous nous retrouvons assis avec plusieurs Soudanais dans un petit commerce à ciel ouvert où un homme prépare les demandes des passants. Dans un grand faitout posé sur de la braise, chauffe du lait que nous croyons être de chèvre. On nous sert un café au lait excellent ; l’employé de l’hôtel nous paie la note.

-Mais pourquoi ?

-C’est pour vous remercier que vous veniez visiter notre pays…

Ce genre de comportement n’existe que dans les pays ou il n’y a pas de tourisme, ce qui est le cas du Soudan.

Avant le départ, je prends deux photos avec le gps sans cibler la population mais Dedette avec en fond une mosquée et l’Envol garé près de l’hôtel. Un homme non loin d’ici me fait signe concernant les photos qu’il n’est pas forcément pour… Contrairement à ce que je disais hier, cela doit être un sujet ici.

Une fois sur la route, chaque arrêt de la police est toujours accompagné d’un « Welcome » (bienvenue) répété plusieurs fois. La demande de papiers est rare. Le comportement des chauffeurs de car est un peu roulette russe. Par deux fois, nous sommes doublés avec un écart de vingt centimètre par l’un d’entre eux roulant peut-être à 110 alors que nous sommes à environ 70 en essayant d’éviter les trous sur la chaussée. Si on faisait un écart à ce moment là, l’aventure s’arrêtait là. Mais bon, si on ne croit pas un peu en sa chance, on ne part pas pour ce genre de périple.

Lors de la pause en fin de matinée, le café a un goût particulier. En fait, il est accompagné de gingembre qui embaume le palais. Pas d’alcool dans le pays, mais les nombreuses épices savent rehausser le goût des aliments et des boissons. Une conversation entre nous deux nous fera passer un bon moment de fou rire. En parlant repas et viande, nous nous sommes étonnés quelques instants de ne pas voir dans les villages des cochons et en conséquence de ne pas pouvoir en manger… Pour quasi en même temps, se dire que la bête n’a pas vraiment droit de séjour ici !!!

Le long de la route, les signes de la main sont nombreux et ce, indifféremment entre les hommes et les femmes ; les enfants étant comme toujours les plus spontanés. Au déjeuner, nous mangeons un hamburger mais pas de chez Mac Do, cela n’existe pas ici. Il est excellent et bien préparé, bon pain, bonne viande, bon œuf. Avant de repartir, un conducteur de tuc tuc nous aborde :

-Ou allez-vous ?

-A Khartoum.

-Soyez prudent sur la route, très prudents, très prudents…

A vrai dire, on avait déjà un peu remarqué !!! Dans l’après-midi, nous roulons avec un fort vent contraire et la poussière est partout. Les longues tenues blanches des hommes et les voiles colorées des femmes nous offrent au bord de la route des silhouettes animées comme dans un rêve éveillé…

Vers 16 h, nous arrivons sur Khartoum. L’entrée dans la ville est agréable, le trafic fluide, avec de larges avenues. En traversant un carrefour, quatre jeunes dans une voiture sifflent sur le passage de l’Envol. Je me dis qu’ils n’ont pas siffler pour rien et m’arrête trente mètres plus loin puis me dirige à pied vers le véhicule. Le chauffeur :

-Can I help you ? (puis-je vous aider ?)

-Oui jeune homme, nous sommes à la recherche d’un hôtel pas trop cher.

-J’en connais un non loin d’ici, suivez-moi.

Sur place, la chambre est à 60 Dollar, hors budget (pour le Soudan). Dans la foulée, le jeune Soudanais nous propose un autre établissement à quelques centaines de mètres d’ici. Là, nous avons un appartement (cuisine, salon, chambre, salle d’eau) pour 25 Dollar la nuit. Nous remercions chaleureusement ce Soudanais. Sans son aide, c’était tout de suite un peu plus compliqué.

Mauvaise surprise de la journée, les roulements du bras oscillant ont rendu l’âme une fois de plus, aussi nous resterons demain pour réparer. En passant devant le gérant de l’hôtel avec les bagages, il nous demande de nous arrêter afin de déguster avec lui un ragoût de mouton. J’avais lu de ci de là des bonnes impressions sur l’accueil Soudanais, c’est bien une réalité.

Nous passons la soirée à l’appartement un peu comme à la maison sauf que nous sommes au Soudan !!!

Demain, les outils qui se reposaient depuis quelques jours vont reprendre du service…


 



 

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